
Un salarié consulte sa messagerie personnelle sur son smartphone professionnel, utilise une application de navigation ou prend une photographie destinée à sa famille. Ces gestes ordinaires ne justifient pas nécessairement une interdiction générale. En revanche, lorsqu’une application personnelle peut accéder à un document confidentiel ou sauvegarder automatiquement des fichiers professionnels, la frontière entre souplesse et exposition au risque devient beaucoup plus fragile.
Pour un responsable IT, l’enjeu consiste à autoriser les usages personnels compatibles avec la protection du système d’information, sans instaurer une surveillance excessive ni multiplier les restrictions difficiles à appliquer. Cette approche repose sur une séparation technique des espaces, des règles adaptées aux métiers et des contrôles limités aux besoins réels de sécurité.
La politique mobile doit également respecter les droits des salariés. En France, les exigences de protection des données et du droit du travail imposent notamment de définir les finalités des contrôles, d’informer les personnes concernées et de respecter le principe de proportionnalité. Une configuration techniquement efficace ne dispense donc jamais d’examiner sa légitimité.
Les principes pour concilier usages personnels et sécurité mobile
- Autoriser les usages personnels selon les risques qu’ils créent, plutôt que les interdire indistinctement.
- Séparer les applications et données professionnelles des contenus privés, puis contrôler les transferts entre ces espaces.
- Adapter les restrictions aux métiers, expliquer les contrôles et tester les règles avec les collaborateurs avant leur généralisation.
- Pourquoi les usages personnels augmentent-ils les risques sur un appareil professionnel ?
- Comment encadrer les applications personnelles sans surveiller inutilement les salariés ?
- Usage professionnel exclusif ou mixte : quel modèle pour un smartphone d’entreprise ?
- Comment éviter qu’un fichier d’entreprise parte vers une messagerie personnelle ?
- Quand faut-il interdire certains usages personnels sur un terminal professionnel ?
- Comment empêcher qu’un document professionnel soit enregistré dans une application personnelle ?
- Pourquoi une règle unique de sécurité mobile convient-elle mal à tous les métiers ?
- Comment créer une politique de sécurité mobile que les collaborateurs peuvent réellement appliquer ?
Pourquoi les usages personnels augmentent-ils les risques sur un appareil professionnel ?
Les usages personnels augmentent les risques lorsqu’ils introduisent sur un appareil professionnel des applications, des services et des échanges de données que l’entreprise ne maîtrise pas entièrement. Le danger ne vient pas de chaque utilisation privée en elle-même, mais de la multiplication des accès techniques, des possibilités de transfert et des situations où les données personnelles et professionnelles se retrouvent mélangées.
Un smartphone connecté au système d’information peut donner accès à la messagerie professionnelle, à des documents internes, à des outils métiers et parfois à des données clients. Chaque application personnelle ajoute potentiellement un éditeur, des autorisations, des dépendances logicielles et un mécanisme de mise à jour supplémentaires. Une application trop permissive ou compromise peut alors élargir la surface d’attaque du terminal.
Trois catégories de risques doivent être distinguées :
- La compromission technique : une application malveillante, vulnérable ou installée depuis une source non fiable peut compromettre la sécurité du terminal, selon ses permissions et les protections du système.
- La fuite de données : un salarié peut transférer volontairement ou par inadvertance un document professionnel vers une messagerie, une application ou un espace cloud personnel.
- Le risque juridique : le mélange de contenus privés et professionnels peut compliquer les opérations de contrôle, de récupération des données et de gestion des incidents.
La difficulté ne se limite pas à la technologie. Lorsqu’un téléphone d’entreprise sert également de téléphone personnel, un collaborateur peut hésiter à déclarer rapidement une perte ou une application suspecte, par crainte de voir ses informations privées examinées. Cette hésitation peut retarder les mesures de protection.
La réponse ne consiste donc pas à présumer que tout usage personnel est dangereux. Elle suppose de protéger les données professionnelles tout en établissant clairement les limites des interventions de l’employeur.
En France, les recommandations de la CNIL sur le contrôle de l’activité des salariés rappellent que l’employeur peut encadrer l’utilisation des équipements professionnels, mais que ses dispositifs de contrôle doivent respecter les exigences applicables, notamment en matière de proportionnalité et d’information.
Cette distinction permet ensuite de définir les applications autorisées et les frontières techniques nécessaires, sans transformer l’administration du smartphone en surveillance générale du salarié.
Comment encadrer les applications personnelles sans surveiller inutilement les salariés ?
Les applications personnelles peuvent être encadrées sans surveillance intrusive en séparant les environnements professionnels et privés, puis en appliquant les contrôles aux seules données de l’entreprise. Les solutions de gestion des terminaux et des applications, notamment MDM et MAM, permettent selon leur configuration d’imposer des règles de sécurité ciblées tout en limitant l’accès administratif aux contenus personnels.
Sur Android compatible, le profil professionnel sépare les applications et les données de travail de celles de l’espace personnel. La documentation Android Enterprise sur le profil professionnel décrit cette séparation et les possibilités de gestion associées.
Sur les appareils Apple, les mécanismes de gestion des données et applications administrées répondent à une logique différente. Les capacités de séparation et de visibilité dépendent du mode d’inscription, du système et des réglages effectivement déployés. Il ne faut donc pas supposer qu’un même paramétrage MDM produit un résultat identique sur Android et iOS.
Une politique équilibrée peut classer les catégories d’applications en trois niveaux :
| Niveau | Critère de décision | Exemple de règle |
|---|---|---|
| Usage toléré | Application compatible avec les protections du terminal et sans accès aux données professionnelles | Autorisation des applications personnelles courantes dans l’espace privé |
| Usage conditionnel | Application présentant un risque maîtrisable par configuration | Cloud personnel autorisé dans l’espace privé, sans synchronisation des documents professionnels |
| Usage interdit | Application ou fonctionnalité créant un risque inacceptable ou non maîtrisé | Interdiction des transferts de données sensibles vers des applications non gérées |
La transparence sur les capacités réelles du dispositif est essentielle. Une charte doit préciser les catégories d’informations techniques accessibles aux administrateurs, les données qui ne sont pas consultées et les circonstances dans lesquelles une intervention de sécurité est possible.
Cette transparence doit correspondre à la configuration effective. Il serait trompeur de garantir une confidentialité absolue si le mode d’administration retenu permet certaines opérations sur l’ensemble de l’appareil. La DSI doit notamment vérifier les inventaires collectés, les journaux activés et les possibilités d’effacement.
Enfin, lorsqu’un salarié utilise une application personnelle pour contourner un outil professionnel trop contraignant, la réponse pertinente peut être de simplifier cet outil. Un service de partage sécurisé accessible sur mobile réduit le besoin de recourir à une messagerie privée.
Cette approche doit ensuite être adaptée au modèle de mise à disposition du téléphone, car un appareil réservé au travail, un terminal à usage mixte et un smartphone personnel ne présentent pas les mêmes contraintes.
Usage professionnel exclusif ou mixte : quel modèle pour un smartphone d’entreprise ?
Le choix entre usage professionnel exclusif, usage mixte encadré et BYOD dépend de la sensibilité des données, des besoins des salariés et des capacités d’administration de l’entreprise. Le modèle strict est pertinent lorsque l’exposition au risque exige un contrôle renforcé. Le modèle mixte offre davantage de souplesse, à condition de séparer les données et de maîtriser leurs transferts.
Un modèle unique n’est pas nécessairement adapté à toutes les populations. Les coûts d’équipement, le niveau de liberté attendu, la gestion des incidents et les responsabilités juridiques doivent être examinés ensemble.
| Critère | Usage professionnel exclusif | Usage mixte encadré | BYOD |
|---|---|---|---|
| Propriété du terminal | Entreprise | Entreprise | Salarié |
| Liberté personnelle | Limitée par la politique | Autorisée dans un cadre défini | Élevée sur l’espace privé |
| Administration | Contrôle potentiellement renforcé | Séparation et politiques ciblées | Gestion professionnelle limitée par les choix techniques et contractuels |
| Coûts | Matériel et exploitation à la charge de l’entreprise | Matériel, gestion et accompagnement | Matériel éventuellement fourni par le salarié, mais coûts de support et de conformité persistants |
| Complexité juridique | Contrôle des équipements et protection des données personnelles éventuelles | Distinction des usages, des données et des conditions de mise à disposition | Respect de la propriété personnelle et encadrement des interventions de l’employeur |
L’usage exclusivement professionnel peut simplifier certains contrôles, mais une interdiction générale difficile à respecter peut favoriser des usages non déclarés. Ce risque de contournement dépend de la réalité des besoins personnels et des moyens mis à disposition.
La DSI peut raisonner par population. Un technicien itinérant accédant à des informations sensibles peut nécessiter un appareil fortement administré. Un cadre ayant besoin d’être joignable personnellement peut disposer d’un terminal à usage mixte avec séparation des environnements. Pour les intérimaires et prestataires, la durée de mission, les modalités de restitution et la suppression des accès deviennent des critères majeurs.
Le contexte d’utilisation mérite également une analyse juridique : un accident survenu pendant un usage personnel, une opération d’effacement ou un différend sur la propriété de certaines données peuvent soulever des questions distinctes selon le modèle retenu.
En France, la mise à disposition d’un téléphone utilisable à titre privé peut aussi nécessiter une analyse des avantages en nature selon les règles sociales et fiscales applicables. Les conditions d’usage, la prise en charge effective et les modalités d’évaluation doivent être vérifiées avant de retenir un traitement en paie. Le seul qualificatif « usage mixte » ne suffit pas à déterminer automatiquement le régime applicable.
Une fois le modèle retenu, le principal travail technique consiste à contrôler les chemins par lesquels les informations professionnelles pourraient rejoindre des services personnels.
Comment éviter qu’un fichier d’entreprise parte vers une messagerie personnelle ?
Pour éviter l’envoi d’un fichier professionnel vers une messagerie personnelle, il faut contrôler les transferts entre applications gérées et non gérées, limiter les fonctions de partage et proposer des outils professionnels suffisamment pratiques. Les politiques MAM peuvent restreindre certains échanges de données, mais leur efficacité dépend du système d’exploitation, des applications compatibles et des exceptions configurées.
Les fuites ne passent pas uniquement par le bouton « Partager ». Plusieurs chemins doivent être envisagés : pièce jointe transférée vers une adresse privée, copier-coller entre applications, sauvegarde automatique dans un cloud personnel, export depuis un lecteur PDF ou transfert au moyen d’un outil de partage grand public.
Une politique technique peut prévoir :
- l’ouverture des documents professionnels uniquement dans des applications approuvées ;
- la restriction des transferts de fichiers entre applications gérées et non gérées ;
- le contrôle du copier-coller entre environnements lorsque la plateforme le permet ;
- la désactivation des sauvegardes non autorisées pour les données de travail ;
- l’encadrement des exceptions nécessaires aux processus métiers.
La documentation Microsoft Intune sur les exceptions de transfert de données montre notamment que les stratégies de protection applicative peuvent limiter certains transferts, mais qu’une exception autorisant l’accès depuis une application non gérée peut réintroduire un risque de fuite.
La fuite intentionnelle et la fuite par commodité appellent des réponses différentes. Dans le premier cas, un salarié peut chercher délibérément à exfiltrer des informations. Les restrictions techniques, la maîtrise des habilitations et les procédures de départ contribuent alors à réduire le risque, sans pouvoir supprimer tous les moyens de capturer ou transmettre une information.
Dans le second cas, le salarié choisit une messagerie personnelle simplement parce qu’il doit transmettre rapidement un document. Proposer une solution professionnelle de partage accessible sur mobile, avec des droits adaptés, peut être plus efficace qu’accumuler les interdictions.
Les règles techniques doivent enfin s’articuler avec les obligations de confidentialité, la protection des informations sensibles et les procédures internes. En France, les dispositifs de contrôle susceptibles de collecter des informations personnelles doivent notamment respecter l’obligation d’information préalable prévue par l’article L1222-4 du Code du travail sur Légifrance.
Ces mécanismes rendent certaines interdictions nécessaires. Encore faut-il pouvoir justifier chacune d’elles par un risque concret et vérifier qu’elle ne pénalise pas inutilement les opérations quotidiennes.
Quand faut-il interdire certains usages personnels sur un terminal professionnel ?
Un usage personnel doit être interdit lorsqu’il expose le terminal ou les données de l’entreprise à un risque important que les protections disponibles ne permettent pas de maîtriser convenablement. L’interdiction doit reposer sur la sensibilité des informations, les possibilités de compromission ou de transfert et les obligations applicables, plutôt que sur une opposition de principe entre activités privées et professionnelles.
Certaines restrictions disposent d’une justification technique claire. L’installation d’applications depuis des sources non approuvées, l’usage de services personnels pour héberger des documents sensibles ou l’octroi d’autorisations excessives à des applications non maîtrisées peuvent créer des risques difficiles à accepter.
À l’inverse, certaines interdictions sont susceptibles de devenir contre-productives. Empêcher toute photographie sur le terminal d’un technicien qui documente ses interventions peut provoquer des contournements. Interdire toute navigation personnelle alors que les données professionnelles sont correctement isolées ne constitue pas nécessairement une mesure proportionnée au risque visé.
Une règle devrait donc être examinée au regard de trois questions : quel risque précis cherche-t-elle à réduire, quelles protections alternatives existent et quelle conséquence opérationnelle produit-elle ? L’absence d’incident connu ne démontre pas à elle seule qu’une règle est inutile, mais une restriction sans justification documentée mérite d’être réévaluée.
La DSI peut organiser une revue périodique associant les responsables métiers, la sécurité et, lorsque cela est pertinent, les fonctions juridiques et RH. Chaque interdiction est rapprochée du risque qu’elle couvre, des incidents ou signaux disponibles et des moyens techniques alternatifs. Une décision documentée permet de maintenir, d’assouplir ou de retirer la restriction.
Dans les secteurs réglementés, les possibilités de souplesse peuvent être plus limitées. Données de santé, informations financières protégées ou informations relevant d’un régime de confidentialité renforcé peuvent justifier des règles spécifiques. Il convient toutefois de distinguer les obligations véritablement imposées par les textes ou contrats applicables des mesures internes choisies par prudence.
Une politique restrictive n’est pas nécessairement une politique plus protectrice. Sa pertinence se mesure aussi à la capacité des collaborateurs à la respecter sans compromettre leurs missions.
Les restrictions les plus utiles ciblent souvent moins les applications elles-mêmes que le devenir des fichiers professionnels, notamment lorsqu’ils sont enregistrés hors de l’environnement contrôlé.
Comment empêcher qu’un document professionnel soit enregistré dans une application personnelle ?
Pour empêcher l’enregistrement d’un document professionnel dans une application personnelle, la DSI doit définir les applications autorisées à ouvrir et stocker les fichiers, puis restreindre les exportations vers les espaces non gérés. Ces contrôles doivent être complétés par des tests réels, car les sauvegardes automatiques, les fichiers temporaires et certaines fonctions natives échappent parfois aux protections applicatives.
Contrairement à l’envoi vers une messagerie personnelle, le risque porte ici sur la présence durable d’une copie dans un espace non maîtrisé. Un PDF téléchargé depuis l’intranet, une image enregistrée depuis une application métier ou une photographie de travail peuvent être conservés dans un répertoire local, une galerie ou un cloud personnel sans intention explicite de diffusion.
La configuration doit tenir compte de ces destinations. Selon les possibilités de la plateforme, elle peut imposer l’ouverture des documents dans des applications gérées, restreindre la fonction « Ouvrir dans », définir des espaces de stockage autorisés et empêcher certaines sauvegardes ou exportations.
Les limites doivent être identifiées à l’avance. Certaines fonctions de capture d’écran, de photographie ou de prise de notes ne relèvent pas directement des politiques MAM. Des règles supplémentaires, une application métier dédiée ou des procédures de suppression adaptées peuvent alors être nécessaires. Ces mesures doivent rester compatibles avec les contraintes des utilisateurs et la conservation réglementaire éventuelle des documents.
Un contrôle purement déclaratif de la configuration ne suffit pas. La DSI doit vérifier sur les versions de systèmes et d’applications réellement utilisées que les fichiers suivent les chemins attendus.
Une campagne de validation peut utiliser des fichiers fictifs et représentatifs des usages courants. Elle doit couvrir le téléchargement, l’ouverture, le partage, l’enregistrement local et les mécanismes de synchronisation. Chaque essai doit préciser le résultat attendu et le résultat observé.
Vérifier le confinement des documents professionnels en cinq actions
- Recenser les applications de lecture, de modification et de stockage utilisées par les salariés ; produire une liste des applications autorisées.
- Configurer les restrictions d’ouverture et de transfert applicables ; conserver une fiche des paramètres par système d’exploitation.
- Télécharger un PDF fictif depuis un environnement professionnel de test ; consigner son emplacement réel dans un compte rendu.
- Tester l’enregistrement d’une pièce jointe et la prise d’une photographie professionnelle fictive ; établir une matrice des destinations autorisées et bloquées.
- Corriger les chemins de sortie non souhaités et rejouer les scénarios ; archiver un procès-verbal de validation mentionnant les limites restantes.
Ces vérifications doivent être répétées après les changements susceptibles de modifier le comportement des applications ou du système. Une restriction efficace aujourd’hui peut nécessiter de nouveaux tests après une évolution technique.
Le choix de ces protections dépend toutefois des métiers : les mêmes restrictions peuvent être indispensables dans un environnement et inutilisables dans un autre.
Pourquoi une règle unique de sécurité mobile convient-elle mal à tous les métiers ?
Une règle unique de sécurité mobile convient mal à tous les métiers parce que les collaborateurs n’utilisent pas leurs smartphones pour les mêmes tâches et n’accèdent pas aux mêmes catégories d’informations. Une politique uniforme peut imposer des contraintes inutiles à certains salariés tout en laissant subsister des risques importants pour d’autres. La solution consiste à définir quelques profils de sécurité fondés sur les usages et la sensibilité des données.
Un technicien de maintenance peut devoir prendre des photographies sur site et les transmettre à une application métier. Un commercial peut consulter des propositions commerciales et partager des documents avec des clients. Un salarié sédentaire peut surtout utiliser son téléphone pour consulter sa messagerie et rester joignable.
Bloquer les photographies pour tous pénaliserait directement le technicien. Autoriser sans condition le transfert de fichiers pour tous exposerait potentiellement les informations du commercial. À l’inverse, multiplier les contrôles sur l’usage privé du salarié sédentaire pourrait apporter peu de valeur si ses accès professionnels sont déjà correctement séparés.
La sensibilité des données doit primer sur le statut hiérarchique. Une segmentation utile peut s’appuyer sur les catégories suivantes :
- Accès limité à des informations publiques ou peu sensibles : règles standard et usages personnels encadrés.
- Accès à des informations clients ou internes confidentielles : restrictions renforcées sur le partage, le stockage et les applications autorisées.
- Accès à des données particulièrement sensibles ou soumises à des obligations spécifiques : environnement plus strict, éventuellement sans usage personnel selon l’analyse des exigences applicables.
Cette classification ne doit pas produire une multitude d’exceptions individuelles. Quelques profils types, définis selon des critères explicites et associés à des configurations documentées, facilitent les déploiements comme les audits.
Les dérogations restent possibles, mais elles doivent comporter un motif, un responsable de validation, une durée ou une date de réexamen et les mesures compensatoires éventuelles. Sans suivi, elles peuvent progressivement vider la politique de sécurité de son efficacité.
Une différenciation expliquée peut également améliorer l’acceptation des règles : les salariés comprennent plus facilement pourquoi un métier manipule des données soumises à des restrictions supplémentaires. La proportionnalité des contrôles, telle que rappelée par la CNIL, demeure un principe transversal, indépendamment du profil concerné.
Ces profils ne deviennent réellement efficaces que s’ils sont traduits en règles simples, comprises et applicables par les collaborateurs au quotidien.
À retenir avant de formaliser la politique mobile
- Chaque règle doit être associée à un risque identifié, à un périmètre d’application et à une justification compréhensible.
- La configuration technique doit être validée sur les usages réels, avec les salariés concernés, et non seulement sur une console d’administration.
- Le dispositif doit prévoir un suivi des incidents, des exceptions et des difficultés d’application pour évoluer sans perdre sa cohérence.
Comment créer une politique de sécurité mobile que les collaborateurs peuvent réellement appliquer ?
Une politique de sécurité mobile applicable doit être courte, compréhensible, techniquement réalisable et construite à partir des usages réels des collaborateurs. Elle doit préciser les applications autorisées, les règles de traitement des documents, les actions à effectuer en cas d’incident et les limites des contrôles de l’employeur. Son efficacité doit ensuite être vérifiée par des tests et des indicateurs concrets.
La première étape consiste à associer les métiers à la définition des règles. Un panel représentatif peut tester plusieurs scénarios : ouvrir une pièce jointe client, transmettre un fichier à un partenaire, utiliser une application personnelle, déclarer la perte d’un téléphone ou demander une exception.
Les difficultés observées doivent conduire à adapter les outils ou les règles. Une politique théoriquement rigoureuse mais impossible à suivre dans les situations ordinaires risque de provoquer des contournements et de rendre les écarts difficiles à détecter.
La charte remise aux collaborateurs gagne à se concentrer sur les décisions pratiques :
- Ce qui est autorisé : catégories d’applications et d’usages personnels compatibles avec le profil du terminal.
- Ce qui est interdit : transferts, sauvegardes ou manipulations présentant un risque identifié.
- Ce qui est obligatoire : verrouillage, mises à jour, signalement des incidents et utilisation des espaces professionnels prévus.
- Ce que l’employeur peut contrôler : nature et finalités des informations collectées, limites d’accès et conditions d’intervention.
- Comment obtenir de l’aide : procédure simple pour demander une dérogation ou signaler un besoin métier non couvert.
Les principes généraux, définitions et dispositions techniques détaillées peuvent figurer dans des annexes distinctes, afin de conserver une charte opérationnelle lisible en quelques minutes.
La construction juridique doit accompagner le déploiement. En France, les dispositifs permettant de contrôler l’activité des salariés exigent une information préalable et, lorsque les conditions légales sont réunies, la consultation du comité social et économique. Leur mise en œuvre doit respecter les exigences de nécessité, de proportionnalité et de protection des données. Les formalités et garanties applicables sont à examiner avec les interlocuteurs compétents.
Un manquement à ces exigences peut notamment entraîner des difficultés de conformité et des contestations lors de l’utilisation des informations recueillies. L’admissibilité d’une preuve en justice dépend cependant d’une appréciation juridique contextualisée : elle ne doit pas être présentée comme automatiquement exclue dans tous les cas.
Enfin, la DSI doit mesurer les résultats de sa politique. Le taux de terminaux correctement administrés, le délai de signalement des incidents, le volume de demandes d’exception et les réponses à un questionnaire de compréhension constituent des indicateurs utiles. Ils permettent d’identifier les règles qui protègent effectivement l’entreprise et celles qui nécessitent une adaptation.
Une revue périodique réunissant IT, sécurité, métiers et fonctions concernées permet de maintenir cette cohérence après le déploiement. Les mises à jour des systèmes mobiles, les nouveaux usages et les changements de périmètre d’accès doivent également déclencher une réévaluation des mesures.
La prochaine étape consiste à sélectionner un groupe pilote représentatif, documenter les usages réellement nécessaires et tester une première version de la charte avec les configurations mobiles correspondantes. Ce travail fournit une base concrète pour déployer une politique protectrice sans imposer de contraintes disproportionnées.
Un employeur peut-il consulter les messages personnels présents sur un smartphone professionnel ?
La propriété professionnelle du smartphone ne donne pas à l’employeur un droit général d’accéder aux communications privées du salarié. En France, les contrôles doivent respecter la vie privée, la confidentialité des correspondances et les règles applicables à la collecte d’informations personnelles. Les possibilités techniques de consultation ne doivent pas être confondues avec les droits juridiques d’accès.
Le profil professionnel Android empêche-t-il toutes les fuites de données ?
Non. Le profil professionnel Android permet de séparer les applications et les données de travail des contenus personnels, mais son efficacité dépend des politiques appliquées et des usages. Les possibilités de transfert, les captures d’écran, certaines fonctionnalités natives et les comportements des applications doivent être examinés séparément. Des tests pratiques restent nécessaires.
Que devient le contenu personnel lorsqu’un smartphone d’entreprise doit être effacé à distance ?
Les conséquences dépendent du système et du mode d’administration. Certaines configurations permettent de supprimer uniquement les applications et données professionnelles, tandis qu’un effacement complet du terminal peut également supprimer les contenus personnels. La DSI doit vérifier les possibilités réelles, informer les utilisateurs et privilégier l’opération adaptée à la situation.
Comment gérer une application personnelle indispensable à un collaborateur mais bloquée par la politique mobile ?
La demande doit être examinée selon l’usage, les données accessibles, les autorisations de l’application et les mesures compensatoires disponibles. Si le risque reste acceptable, une exception documentée et limitée peut être envisagée. Dans le cas contraire, la DSI peut rechercher une solution professionnelle équivalente ou proposer un autre mode d’utilisation.